Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 66 (2020)

Paris, 2020
66/1, ISBN : 978-2-85121-311-2
66/2, ISBN : 978-2-85121-315-0


66/1

Lukas J. DORFBAUER Textkritische Notizen zu Timotheus, De pascha 1-15
Victoria ZIMMERL-PANAGL Zu Ambrosius, Explanatio in psalm. 61 : Titel, Anfangsworte, ‚Veröffentlichung‘ und Corpus-Bildung 17-51
Laurence GOSSEREZ La strophe énigmatique de Prudence sur saint Cassien de Tanger (Pe 4, 45-48) 53-80
Math OSSEFORTH The One Tree : Hiding in Plain Sight. A New Interpretation of Augustine’s Fig Tree 81-91
Marina GIANI The Transmission of Augustine’s De ciuitate Dei in Late Antiquity and the Early Middle Ages. A Starting Point for Further Research 93-138
Martine DULAEY Eucher de Lyon, lecteur d’Augustin : le témoignage des Instructiones 139-164
Raúl VILLEGAS MARÍN Arnobe « le Jeune » : esquisse d’une biographie et d’un portrait intellectuel 165-184
Comptes rendus bibliographiques 185-211

66/2

François DOLBEAU Les sermons d’Augustin 361 et 362 sur la résurrection des morts. Édition critique 213-292
Johannes VAN OORT Notes on Augustine’s De pulchro et apto and its Manichaean Context 293-324
Barbara FEICHTINGER Von der (Un-)Möglichkeit des Scheiterns. Zu Intertextualität und Autorschaft in Hieronymus ep. 1 325-342
Gert PARTOENS A neglected homily by Caesarius of Arles. The complete version of Sermo Étaix 4 343-362
Pascal MUELLER-JOURDAN « Du caractère inconnaissable qui est dans les êtres en vertu de leur union au Premier Principe ». Proclus, Théologie platomnicienne II.6 363-380
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2019 381-429
Bulletin augustinien pour 2019 et compléments d’années antérieures 431-542
Auteurs des travaux recensés 543-552
Table générale 553-554

Résumés :

Lukas J. DORFBAUER, « Textkritische Notizen zu Timotheus, De pascha », p. | 1-15

Cet article discute quelques passages de l’editio princeps de Timothée, De pascha, publié en 2019 par Pierre Chambert-Protat et Camille Gerzaguet. Un nombre de conjectures sont proposées.

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Victoria ZIMMERL-PANAGL, « Zu Ambrosius, Explanatio in psalm. 61 : Titel, Anfangsworte, ‚Veröffentlichung‘ und Corpus-Bildung », p. 17-51

Ambroise, In psalm. 61 est connu comme la douzième et dernière partie de son Explanatio in psalmos XII. Leur contenu, pour ainsi dire, en deux parties – d’une part, l’exégèse christologique des psaumes, d’autre part, les références aux événements politiques – a également suscité, dans la transmission, des combinaisons avec d’autres œuvres. Cet article examine les problèmes et les questions qui se posent lors de la préparation d’une nouvelle édition critique. Il n’est pas certain que ce soit Ambroise qui ait donné un titre à l’œuvre, ni même qu’il ait « publié » le texte lui-même. L’article examine comment In psalm. 61 a été transmis et étudie l’hypothèse selon laquelle ce serait en fait Martinus Corbo qui aurait le premier ajouté In psalm. 61 à l’Explanatio in psalmos XII. En outre, est posée la question de savoir si un manuscrit de Vérone (Milano, Bibl. Ambr. I 145 inf., s. XII) était réellement le modèle de Corbo.

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Laurence GOSSEREZ, « La strophe énigmatique de Prudence sur saint Cassien de Tanger (Pe 4, 45-48) », p. 53-80

La strophe de Prudence sur Cassien de Tanger (Pe. 4, 45-48) n’est pas une interpolation. Elle fait une allusion précise aux anciens cultes idolâtres berbères, reflète la propagande théodosienne et s’insère avec cohérence dans la vision eschatologique qui structure l’ensemble du poème. Elle marque ainsi le caractère spécifiquement africain de la tradition sur le martyre de Cassien, dont elle est le plus ancien et authentique témoin.

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Math OSSEFORTH, « The One Tree : Hiding in Plain Sight. A New Interpretation of Augustine’s Fig Tree », p. 81-91

Dans les Confessions Augustin se sert non seulement de motifs issus de la culture et de la littérature chrétiennes mais aussi de motifs empruntés à la culture et à la littérature classiques dans le but de renforcer son argumentation, construite comme un protrepticus. Le lecteur reconnaît l’histoire et peut, par conséquent, s’identifier au narrateur. Ainsi, il pourra suivre plus facilement l’exemple du narrateur. Le livre d’Augustin était en fait destiné aux chrétiens aussi bien qu’aux contemporains non-chrétiens ayant suivi une formation classique. Un exemple connu de motif utilisé par Augustin est celui du figuier du jardin de Milan où a eu lieu sa conversion. Traditionnellement le figuier est vu comme un renvoi biblique. Dans cet article, je montre un point de vue tout à fait nouveau sur le figuier, me fondant sur des sources historiques et archéologiques. Pour le lecteur chrétien le figuier renvoie à l’Ancien Testament tandis que pour les lecteurs non-chrétiens qui ont suivi une formation classique ce même arbre indique le Forum Romanum et le mythe romain le plus important, celui de la venue de Romulus et de Remus. Cet article illustre la manière magistrale avec laquelle Augustin parvient à s’adresser à un public hétérogène dans les Confessions, tout en utilisant une seule et même référence pour plaire à tous.

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Marina GIANI, « The Transmission of Augustine’s De ciuitate Dei in Late Antiquity and the Early Middle Ages. A Starting Point for Further Research »,p. 93-138

Le présent article dresse l’état de la question sur la tradition directe du De ciuitate Dei d’Augustin de l’Antiquité tardive jusqu’à l’époque carolingienne et ouvre de nouvelles perspectives critiques sur le sujet. L’étude propose un panorama à jour et vérifié de toutes les données disponibles au sujet des premières strates de la transmission du De ciuitate Dei, de manière à permettre, dans un avenir proche, des recherches mieux fondées sur la tradition elle-même. La première partie offre un aperçu général de la première diffusion du De ciuitate Dei et de sa transmission pendant le haut Moyen Âge. Dans la deuxième partie sont répertoriés les témoins complets et partiels jusqu’au IXe siècle qui peuvent être utilisés pour établir le texte du De ciuitate Dei. Après la présentation de l’histoire de l’édition de Bernhard Dombart et sa révision réalisée par Alphonse Kalb, la dernière partie traite des relations généalogiques entre les plus anciens manuscrits, avec une attention particulière au rôle joué par Florus de Lyon dans la transmission de l’œuvre. Les paratextes, des annotations de lecteurs et les variantes textuelles sont discutés ensemble, en référence aussi aux articles récemment publiés par Emanuela Colombi (2013 et 2019) et Jesse Keskiaho (2019).

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Martine DULAEY, « Eucher de Lyon, lecteur d’Augustin : le témoignage des Instructiones », p. 139-164

L’article montre que, contrairement à ce qui a parfois été dit, on n’a pas attendu l’époque où la bibliothèque d’Hippone fut transférée à Rome sous Léon le Grand pour avoir une large connaissance des œuvres d’Augustin de l’autre côté de la Méditerranée. Dans ses Instructiones, écrites à Lérins vers 430-434, Eucher cite littéralement plusieurs ouvrages de l’évêque d’Hippone (§ 1) ; dans un grand nombre de cas, il trahit ses emprunts aux exégèses bibliques d’Augustin par la reprise d’expressions augustiniennes (§ 2) ; enfin, on retrouve sous sa plume nombre d’interprétations que l’on ne rencontre que dans les œuvres de l’Hipponate (§ 3). Les commentaires sur les Psaumes et sur l’Évangile de Jean sont les livres les plus utilisés, mais ils sont loin d’être les seuls.

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Raúl VILLEGAS MARÍN, « Arnobe “le Jeune” : esquisse d’une biographie et d’un portrait intellectuel », p. 165-184

Arnobe était originaire, très probablement, de la Maurétanie Césarienne. Fuyant les Vandales, ce seruus Christi et Catholicus doctor – comme il se définissait lui-même – s’est installé à Rome, où il a trouvé une position en tant que guide spirituel des aristocrates chrétiens pieux. Durant les dernières années de Célestin Ier (422-432) – et vraisemblablement aussi sous Sixte III (432-440) – il a entretenu d’étroites relations avec la hiérarchie ecclésiastique romaine : quelques passages de ses œuvres visent à justifier la politique antinovatianiste déployée par Célestin et la mainmise catholique sur les églises possédées à Rome par les montanistes. Cependant, les relations privilégiées d’Arnobe avec les milieux ecclésiastiques romains ont cessé d’exister avec le renouveau des controverses sur la grâce à Rome vers la fin du pontificat de Sixte III et le début de celui de Léon Ier (440-461) : au cours de ces controverses, Arnobe a fait l’objet d’accusations d’hérésie « pélagienne », ce qui a nui à son image de Catholicus doctor auprès de ses contemporains et de la postérité – comme en témoigne le Décret Pseudo-Gélasien.

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François DOLBEAU, « Les sermons d’Augustin 361 et 362 sur la résurrection des morts. Édition critique », p. 213-292

Édition renouvelée, grâce au sermonnaire de Mayence (Mainz, Stadtbibliothek I 9, ca 1470-75), des sermons 361 et 362 d’Augustin sur la résurrection des corps. Le second est toujours lié au précédent dans les manuscrits comme dans les éditions. Le premier en revanche a connu aussi une circulation indépendante, notamment dans un témoin du début du VIIe s. (Lyon, Bibl. mun. 604), mutilé accidentellement et dont dépendent, après accident, tous les manuscrits plus tardifs. Les deux sermons furent prêchés à la suite, très probablement à Carthage, durant l’hiver 403-404. Cela est suggéré à la fois par la critique interne et le contexte de leur transmission. Grâce à deux échanges de lettres (epist. 94 et 95, 121 et 149), on savait depuis longtemps que Paulin de Nole avait discuté avec Augustin de la forme de la résurrection, durant un hiver où ce dernier se trouvait à Carthage. Si les sermons 361-362 furent prêchés à cette même époque, cela force à réviser la chronologie de la correspondance entre Paulin et Augustin.

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Johannes VAN OORT, « Notes on Augustine’s De pulchro et apto and its Manichaean Context », p. 293-324

Nous ne connaissons l’œuvre perdue d’Augustin De pulchro et apto que par ses Confessions. En conf. 4, 20-27 l’auteur lève légèrement le voile qui plane sur son contenu. Cet essai s’interroge sur le sujet possible du De pulchro et apto dans le contexte du passé manichéen d’Augustin. En dehors des Confessions, d’autres écrits d’Augustin semblent éclairer le contenu de ses premiers écrits. Mais le plus important, pour démêler les sujets traités par ce premier ouvrage d’Augustin, semble reposer sur des sources manichéennes. Cette recherche approfondie du contenu de De pulchro et apto aboutit à douze conclusions.

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Barbara FEICHTINGER, « Von der (Un-)Möglichkeit des Scheiterns. Zu Intertextualität und Autorschaft in Hieronymus ep. 1 », p. 325-342

L’article examine les (auto-)réflexions métapoétiques sur la fonction auctoriale chrétienne dans les propos qui encadrent l’Epistula 1 de Jérôme. On montre ici que cette première œuvre, dans laquelle les déclarations explicites d’incompétence sont contredites par la forme brillante du texte, représente un fleuron littéraire de Jérôme, et qu’il y rejette l’idée que l’esthétique n’est pas importante quand on traite un sujet chrétien. L’analyse des citations des classiques, en particulier, montre clairement que Jérôme, bien qu’il définisse l’écriture chrétienne en termes de contenu chrétien et de motivation de la foi, adhère en même temps aux normes esthétiques de l’antiquité classique, et se recommande donc par son élégance rhétorique à un public littéraire instruit et exigeant. Jérôme veut s’établir comme un Virgile de la prose chrétienne à une époque qui ne connaît plus le type du poète professionnel de la période classique, poète qui était soutenu par un patronage et par une rémunération.

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Gert PARTOENS, « A neglected homily by Caesarius of Arles. The complete version of Sermo Étaix 4 », p. 343-362

En 1975, Raymond Étaix a publié un fragment de ce qu’il considérait être un sermon perdu de Césaire d’Arles (sermon Étaix 4) sur base du manuscrit Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 2730. Dans ce dernier, le fragment (fol. 68v-69r) est attaché comme une sorte de peroratio à un texte qui, selon Étaix, était le sermon 304 d’Augustin sur le martyr Laurent (fol. 67r-68v). L’article présent démontre, par contre, que le fragment est attaché à une version fortement modifiée de l’homélie augustinienne et que l’ensemble aux fol. 67r-69v est le sermon de Césaire dont Étaix supposait qu’il était perdu. L’article suggère en plus que pour la compilation de cette ensemble, l’évêque d’Arles a utilisé une version plus originale du sermon 304 d’Augustin que celle qui a été transmise par tous ses témoins directs et qu’on retrouve dans les éditions modernes. Une édition critique du nouveau sermon Césarien est offerte à la fin de l’article.

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Pascal MUELLER-JOURDAN, « “Du caractère inconnaissable qui est dans les êtres en vertu de leur union au Premier Principe”. Proclus, Théologie platomnicienne II.6 », p. 363-380

Le second livre de la Théologie platonicienne de Proclus comporte une note qui interroge les limites de la connaissance que nous pouvons avoir des êtres et le discours que nous pouvons tenir sur ce que nous croyons en appréhender. Proclus affirme en effet : « Le caractère inconnaissable [ἄγνωστον] donc, qui est dans les êtres en vertu de leur union au premier principe, nous n’entreprenons ni de le connaître ni de le manifester par un nom », Proclus, Théologie platonicienne II.6 [42.16-18], Saffrey-Westerink éd. Le présent article se propose d’examiner les difficultés qui découlent d’un tel présupposé et ses éventuelles conséquences.

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Dernière mise à jour le : mercredi 15 septembre 2021