Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 61 (2015)

61/1

Martine DULAEY L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (II) Le roi sans terre persécuté 1-39
Polymnia ATHANASSIADI Le théurge comme dispensateur universel de la grâce : entre les Oracles chaldaïques et Jamblique 41-68
Lukas J. DORFBAUER Die Interpretatio evangeliorum des „Epiphanius latinus“ (CPL 914) und ihr Verhältnis zum Evangelienkommentar Fortunatians von Aquileia 69-110
Gérard NAUROY Les lettres du manuscrit de Boulogne-sur-Mer (Bibl. mun. 32) et l’épistolaire d’Ambroise de Milan 111-134
Julie HIGAKI Péguy et Pascal : la métamorphose de l’augustinisme. (1) Ordre et Figure 135-158
Comptes rendus bibliographiques 159-195

61/2

Houcine JAÏDI Claude Lepelley (1934-2015), grand historien de l’Antiquité tardive et ami du Maghreb I-V
Martine DULAEY L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (III) Heurs et malheurs d’un roi 197-237
François DOLBEAU Le sermon 380 d’Augustin sur la relation entre Jean-Baptiste et le Christ. Édition critique 239-271
Daniel BURNS Augustine on the Moral Significance of Human Law 273-298
Jean-Pierre LAPORTE Hippone : à la recherche de la basilique de saint Augustin 299-324
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2014 325-364
Bulletin augustinien pour 2014/2015 et compléments d’années antérieures 365-417
Auteurs des travaux recensés 419-423
Table générale 425-426

Résumés :

Martine DULAEY, « L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (II) Le roi sans terre persécuté », p. 1-39

Ce second article examine comment les anciens ont pu voir en David une préfiguration du Christ dans les différentes phases de la vie errante qui le mène du désert au pays philistin et finalement à Jérusalem où il sera roi. Persécuté par Saül, il est l’image du juste souffrant. Bien qu’il soit en ce temps-là roi et prêtre de façon cachée seulement, c’est lui qui mène le jeu.

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Polymnia ATHANASSIADI, « Le théurge comme dispensateur universel de la grâce : entre les Oracles chaldaïques et Jamblique », p. 41-68

Vivant à une époque particulièrement trouble, Jamblique chercha une réponse à l’impasse sotériologique devant laquelle se trouvaient ses contemporains. Dans ce but, il greffa sur le tronc solide d’une éducation pythagorico-platonicienne la riche moisson d’expériences spirituelles qu’il avait amassées chez les adeptes des cultes traditionnels, orientaux et grecs, mais aussi chez les hermétistes d’Égypte et surtout dans une révélation de date récente dite chaldaïque : transformant la figure du théurge qu’il y découvrit, il s’en servit comme d’un levier pour la construction d’une théorie universelle de la grâce qu’il dressa contre les sotériologies, eschatologiques ou exclusivistes, chrétiennes et gnostiques. Tenant le juste milieu entre l’anthropologie libérale de Plotin et l’anthropologie élitiste des Oracles, qui tranche entre deux types d’homme – le théurge et le troupeau humain –, Jamblique ouvrit la piste spirituelle à quiconque avait le désir de venir s’y exercer et, poussant l’exégèse de la théologie chaldaïque à sa limite, il introduisit le concept d’une grâce par procuration, qui se répand pendant que le théurge officie. Grâce à ce descendant d’une dynastie sacerdotale, la théurgie n’était plus le droit exclusif d’une caste héréditaire, mais – directement ou indirectement – l’apanage de l’humanité entière.

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Lukas J. DORFBAUER, « Die Interpretatio evangeliorum des „Epiphanius latinus“ (CPL 914) und ihr Verhältnis zum Evangelienkommentar Fortunatians von Aquileia », p. 69-110

Cet article démontre que l’Interpretatio evangeliorum (CPL 914), attribuée traditionnellement à un certain Epiphanius latinus, est en fait un ouvrage composite. Les chapitres 1-16, qui se distinguent des autres par leur forme plus brève, sont des extraits du commentaire sur les évangiles de Fortunatien d’Aquilée, récemment découvert ; les chapitres 17-62 sont un recueil homilétique d’un prédicateur italien de l’Antiquité tardive (Ve ou VIe s.) qui peut-être portait le nom d’Epiphanius. La compilation de l’Interpretatio evangeliorum est due à un anonyme qui travaillait entre le VIIe et le VIIIe siècle, probablement en Italie. Nous donnons ici une étude de la tradition manuscrite enrichie considérablement par rapport à l’édition de l’Interpretatio evangeliorum de A. Erikson en 1939. De plus, nous démontrons que l’une des sources du recueil homilétique constituant les chapitres 17-62 de l’Interpretatio evangeliorum est le commentaire de Fortunatien. Deux appendices traitent de questions de détail : 1. la possibilité qu’offre la tradition indirecte, dont l’Interpretatio evangeliorum, de combler une lacune de la tradition directe de Fortunatien ; 2. le statut particulier du manuscrit Bruxelles, Bibl. roy. 14920-22 qui transmet le seul chapitre 59.

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Gérard NAUROY, « Les lettres du manuscrit de Boulogne-sur-Mer (Bibl. mun. 32) et l’épistolaire d’Ambroise de Milan », p. 111-134

Le plus ancien manuscrit d’Ambroise de Milan (VIe s.) contient, à la fin, quatre lettres qui figurent aussi dans le recueil de la correspondance de l’évêque milanais transmis en dix livres par les plus anciens témoins (IXe et XIe s.). Après une analyse codicologique de ce témoin, en particulier de la double numérotation qui affecte les quatre lettres, est examiné le rapport que ce petit dossier centré sur l’exégèse de versets de Galates entretient avec le recueil de 77 lettres en dix livres : s’agit-il d’une édition séparée remontant à l’époque de l’évêque de Milan ou d’un extrait tiré par le copiste de la collectio en dix livres ? L’auteur s’attache à montrer qu’il s’agit sans doute d’une édition d’abord indépendante, reprise ensuite par Ambroise lui-même lorsqu’à la fin de sa vie il a préparé l’édition de sa correspondance.

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Julie HIGAKI, « Péguy et Pascal : la métamorphose de l’augustinisme. (1) Ordre et Figure », p. 135-158

Le dépassement des figures se fait chez Pascal, comme chez Péguy, par l’intégration des ordres inférieurs et non pas par leur exclusion. L’ontologie et l’herméneutique sont orientées par l’axiologie centrale de chacun. Cependant voici la nouveauté révolutionnaire de Péguy : en saisissant le réel dans le mystère de l’Incarnation du Dieu fait chair, Péguy a remplacé, par sa nouvelle opposition mystique/politique, le vieux dualisme traditionnel, augustinien, du charnel et du spirituel. « Le surnaturel est lui-même charnel. » Le charnel est revalorisé et assumé dans la charité, et le spirituel se libère de l’intellectualisation désincarnée pour retrouver sa place essentielle et vitale dans le vécu de l’homme. Il marque ainsi une étape majeure de la réception de l’augustinisme et de l’histoire du christianisme.

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Martine DULAEY, « L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (III) Heurs et malheurs d’un roi », p. 197-237

Ce troisième article traite de David roi à Jérusalem : un « roi selon le cœur de Dieu », qui annonce le Christ et le salut qu’il apporte. La danse devant l’arche, où le roi s’humilie devant ses serviteurs, évoque la kénose du Seigneur. On ne nie pas la faute du roi avec Bethsabée, mais on trouve un sens allégorique à son union avec elle : elle représente les noces du Christ et de l’Église. Les démêlés du roi avec ses différents adversaires sont des figures de la Passion. On voit en David le modèle des princes, mais les auteurs anciens, à l’exception d’Ambroise de Milan, s’intéressent plus à l’homme qu’au roi.

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François DOLBEAU, « Le sermon 380 d’Augustin sur la relation entre Jean-Baptiste et le Christ. Édition critique », p. 239-271

Le sermon 380 fut prêché par Augustin un 24 juin, pour une fête de Jean-Baptiste. Les Mauristes le rangèrent parmi les sermons douteux, en raison de sa transmission, affectée par un accident codicologique qu’ils n’étaient pas sûrs d’avoir rectifié exactement. Leur choix explique pourquoi ce texte a souvent été négligé ou tenu pour inauthentique. La découverte d’une copie sans accident (Mainz, Stadtbibliothek I 9, XVe s.) permet de défendre l’authenticité du sermon et d’en proposer une édition critique. Une critique explicite de la christologie arienne incite à dater le texte des quinze dernières années de l’activité d’Augustin.

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Daniel BURNS, « Augustine on the Moral Significance of Human Law », p. 273-298

Dans le livre I du dialogue De libero arbitrio, saint Augustin opère un examen systématique de la fonction des lois humaines, le seul de son œuvre. Bien que lu comme une prise de position contre un rôle formateur de la politique dans le domaine de la morale, le texte montre un personnage, Evodius, qui illustre de manière frappante les effets de la fonction éducative des lois humaines. Ce personnage nous montre à quel point il est difficile pour un chrétien sincère, qui se croit indépendant des conseils de la loi, de s’en détacher, et il illustre le risque qu’un tel chrétien reste sous la domination de ces conseils, même s’il accepte le détachement « augustinien » de la politique terrestre, comme Evodius le fait finalement. Ce texte montre que les lois ne peuvent qu’inculquer à leurs sujets, aux chrétiens ainsi qu’aux non-chrétiens, une compréhension morale de base. Ainsi, la qualité relative du rôle formateur des lois doit faire partie de toute évaluation augustinienne d’une situation politique ou d’un régime.

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Jean-Pierre LAPORTE, « Hippone : à la recherche de la basilique de saint Augustin », p. 299-324

En 1958, Erwan Marec publia une église d’Hippone qu’il présenta comme la basilique de la Paix, c’est-à-dire la cathédrale de saint Augustin. Progressivement, de grands savants ont exprimé leurs doutes de manière séparée. Réunis, leurs arguments forment un faisceau impressionnant qui permet en pratique d’écarter l’identification de Marec. Le rassemblement de l’ensemble de la documentation disponible, des articles publiés et d’archives inédites permet de proposer un autre emplacement sur lequel le réaménagement prochain de toute la plaine devrait permettre de mener des investigations détaillées. La reconnaissance de divers objets et inscriptions découverts jadis dans le bâtiment et la nécropole qui l’entourait précise peu à peu l’aspect de la basilique de saint Augustin, qui semble être restée encore en place à l’époque byzantine.

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Dernière mise à jour le : dimanche 5 novembre 2017