Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 60 (2014)

60/1

Tim DENECKER Heber or Abraham ? Ambrosiaster and Augustine on Language History 1-32
Jérôme LAGOUANÈRE Le schème de l’hebdomade dans les premiers écrits de saint Augustin 33-65
Lucia SAUDELLI « Dieu » ou « démon » de Socrate ? Augustin contre Apulée 67-90
Jeffery AUBIN Augustin et la rhétorique à la fin du IVe siècle : quelques liens entre le De doctrina christiana et le De rhetorica 91-110
Gilbert DAHAN « Être avec (le) Christ ou vivre pour ses frères ». L’exégèse de Philippiens 1, 23-24 aux XIIe et XIIIe siècles 111-124
Antoine BRIX La Tabula De ciuitate Dei dite de Robert Kilwardby. Problèmes d’attribution et tradition manuscrite 125-146
Comptes rendus bibliographiques 147-174

60/2

Martine DULAEY L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (I) Le roi caché 175-212
Sébastien MORLET Mentions et interprétations du tétragramme chez Eusèbe de Césarée 213-252
Olga NESTEROVA La figure de la corbeille de Moïse chez Origène et chez Grégoire d’Elvire 253-268
Sébastien GRIGNON L’apport des recueils de testimonia à une édition critique : l’exemple des Catéchèses baptismales de Cyrille de Jérusalem 269-289
Josef ESKHULT The primeval language and Hebrew ethnicity in ancient Jewish and Christian thought until Augustine 291-347
Pierre CHAMBERT-PROTAT Les centons augustiniens de Florus de Lyon : minutie, érudition et vulgarisation 349-379
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2013 381-425
Bulletin augustinien pour 2013/2014 et compléments d’années antérieures 427-492
Auteurs des travaux recensés 493-497
Table générale 499-500

Résumés :

Tim DENECKER, « Heber or Abraham ? Ambrosiaster and Augustine on Language History », p. 1-32

Cet article cherche à rétablir le modèle de l’histoire de la langue élaboré par l’exégète anonyme de la fin du quatrième siècle connu sous le nom de « l’Ambrosiaster », et à estimer son influence sur la vie intellectuelle de l’Église latine ancienne. L’étude est réalisée à l’aide d’une comparaison avec le modèle de l’histoire de la langue proposé postérieurement par saint Augustin. Les idées des deux écrivains sur l’histoire de la langue paraissent étroitement liées à leurs théologies de l’histoire et paraissent pivoter autour du mot « Hébreu », en tant que glottonyme et ethnonyme (dérivé soit de « (H)abraham » soit de « Heber »). En suivant les alternances de cette éponymie à travers les œuvres augustiniennes, l’article tente de démontrer qu’Augustin s’était selon toute probabilité familiarisé avec les idées de l’Ambrosiaster et qu’il les suivait pendant la phase initiale de sa carrière, avant de s’en écarter plus tard. En conséquence, l’article suggère que les développements de l’Ambrosiaster sur l’histoire de la langue, tout comme ceux sur beaucoup d’autres sujets, ont eu une certaine influence sur la vie intellectuelle de l’Église latine ancienne.

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Jérôme LAGOUANÈRE, « Le schème de l’hebdomade dans les premiers écrits de saint Augustin », p. 33-65

Le schème de l’hebdomade est un schème récurrent dans l’œuvre d’Augustin. Si, dans les œuvres de la maturité, on s’accorde sur une origine biblique de ce dernier, le cas est différent concernant les premiers ouvrages, où s’opposent ceux qui soutiennent une origine varronienne et ceux qui soutiennent une origine néo-platonicienne. Après un bref aperçu sur le traitement de ce schème par les contemporains d’Augustin, l’article montre comment ce schème doit être compris en termes de structure spirituelle dans le De ordine et le De quantitate animae et conclut à une probable influence porphyrienne.

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Lucia SAUDELLI, « “Dieu” ou “démon” de Socrate ? Augustin contre Apulée », p. 67-90

Cette étude est consacrée à la polémique d’Augustin contre Apulée au sujet du démon de Socrate. Dans un premier temps, nous examinons le texte augustinien pour mettre en lumière le but, la stratégie, et les enjeux philosophiques de cette polémique, ainsi que sa spécificité et ses limites : la question qu’Augustin se pose sur la nature du démon socratique ; le lien qu’il établit entre les démons et le théâtre et qu’il fait remonter à Platon ; la distinction entre dieu et démon qu’il attribue à Apulée. Nous traitons ensuite le problème de la médiation entre le divin et l’humain, dans les perspectives chrétienne et platonicienne, en expliquant pourquoi, chez Augustin, le Christ remplace les démons en tant que seul et véritable Médiateur. Nous montrons enfin qu’Augustin dissocie Socrate des philosophes platoniciens en lui attribuant une doctrine monothéiste, et nous nous interrogeons sur la pensée socratique elle-même.

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Jeffery AUBIN, « Augustin et la rhétorique à la fin du IVe siècle : quelques liens entre le De doctrina christiana et le De rhetorica », p. 91-110

Beaucoup d’arguments ont été avancés contre la paternité augustinienne de l’opuscule De rhetorica. Même si ces objections peuvent être nuancées, aucun argument n’a encore été apporté pour soutenir l’authenticité de ce traité. La place importante qu’occupe Hermagoras de Temnos dans ce texte sur la rhétorique donne plutôt à penser que le De rhetorica ne peut être relié à Augustin qui ne mentionne jamais Hermagoras. L’analyse de certaines notions contenues dans le texte du Pseudo-Augustin et dans le De doctrina christiana indique toutefois que les deux auteurs sont les seuls écrivains connus de langue latine à employer de nouveaux concepts qui émanent d’une relecture néoplatonicienne des état de cause du Temnite.

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Gilbert DAHAN, « “Être avec (le) Christ ou vivre pour ses frères”. L’exégèse de Philippiens 1, 23-24 aux XIIe et XIIIe siècles », p. 111-124

Étude des commentaires du XIIe et du XIIIe siècle de Philippiens 1, 23-24. D’une part, étude des problèmes liés au texte : dans le De doctrina christiana, Augustin notait une hésitation dans la ponctuation du v. 23, question largement reprise au moyen âge. Sont examinées également les quelques variae lectiones et quelques notes sur le vocabulaire. D’autre part, étude doctrinale : trois questions sont posées principalement : pourquoi l’Apôtre hésite-t-il, comment peut-il souhaiter « être dissous », quelle est la portée de l’expression « être avec le Christ » ? En annexe, sont donnés les textes des commentaires de Raoul de Laon, Gilbert de la Porrée, Étienne Langton et Nicolas de Gorran sur ces versets.

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Antoine BRIX, « La Tabula De ciuitate Dei dite de Robert Kilwardby. Problèmes d’attribution et tradition manuscrite », p. 125-146

Depuis le XVIIIe siècle, on attribue au dominicain Robert Kilwardby († 1279) la table alphabétique anonyme du De ciuitate Dei de saint Augustin présente, notamment, dans les manuscrits Paris, BnF, lat. 2073, 2074 et 2075. Cet article a pour objetif de rejeter cette attribution qui n’a à son compte aucun argument probant et d’établir la tradition manuscrite de l’œuvre en question, qui connaît une diffusion à l’échelle européenne. En outre, la pertinence de deux autres hypothèses d’attribution est discutée : certains manuscrits portent le nom d’Aimery de Plaisance, maître général des dominicains († 1327) ; et Léopold Delisle a autrefois, de manière très confidentielle, attribué cette table à Jean Bernier de Fayt, compilateur bénédictin prolifique († 1395).

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Martine DULAEY, « L’histoire de David lue par les écrivains des premiers siècles chrétiens. (I) Le roi caché », p. 175-212

David est généralement considéré comme une figure du Christ, et les écrivains des premiers siècles chrétiens se sont efforcés de la mettre en relief dans les nombreux récits qui le concernent dans les Livres des Rois. Ce premier article est consacré aux débuts de David. Son onction par Samuel le désigne comme l’Oint élu de Dieu ; le combat glorieux contre Goliath préfigure la Passion et la victoire pascale. La cithare dont il joue pour éloigner de Saül l’esprit mauvais qui le tourmente symbolise la croix et le chant des Écritures.

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Sébastien MORLET, « Mentions et interprétations du tétragramme chez Eusèbe de Césarée », p. 213-252

Eusèbe de Césarée apparaît comme l’auteur chrétien de l’Antiquité qui évoque le plus souvent le tétragramme. L’article fournit en grec et en traduction l’ensemble du dossier. Le témoignage d’Eusèbe transmet un certain nombre de traditions juives relatives au nom divin. Il documente également des états du texte biblique, qui ne sont pas toujours faciles à identifier, et où le tétragramme était rendu tel quel, en hébreu. Eusèbe interprète le tétragramme d’une façon particulière : tantôt indication du Père par rapport au Fils, tantôt indication de la divinité du Fils par rapport aux anges. Eusèbe est ici en rupture avec l’interprétation juive, mais aussi avec celle d’Origène, qui semble pourtant être sa source majeure. L’Alexandrin paraît en effet avoir considéré le tétragramme avant tout, sinon exclusivement, comme un nom de Dieu en tant que tel, c’est-à-dire du Père.

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Olga NESTEROVA, « La figure de la corbeille de Moïse chez Origène et chez Grégoire d’Elvire », p. 253-268

L’article traite d’un passage lacunaire de l’homélie de Grégoire d’Elvire († après 404) sur la naissance de Moïse (Ex. 2), où l’auteur passe subitement de l’image de la corbeille du petit Moïse au thème des deux genres de feu, dont l’un tourmente et l’autre est salutaire. L’examen des motifs typologiques parallèles et complémentaires, évoqués par Grégoire dans ses autres traités, ainsi que des références à des textes parallèles d’Origène, permet de restituer le chaînon manquant entre les deux sujets mentionnés.

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Sébastien GRIGNON, « L’apport des recueils de testimonia à une édition critique : l’exemple des Catéchèses baptismales de Cyrille de Jérusalem », p. 269-289

Les Catéchèses prébaptismales de Cyrille de Jérusalem font un usage assez large de testimonia bibliques dont l’étude semble de quelque intérêt philologique, comme l’exemple de Michée 5, 1 permet de l’entrevoir. Un examen exhaustif des éditions imprimées et un sondage dans la tradition manuscrite, de pair avec une étude même succincte de la tradition indirecte du verset, a en effet permis de tirer deux conclusions : d’abord que les éditeurs modernes ont fait preuve d’une révérence excessive envers l’editio princeps et reproduit à tort la leçon d’un manuscrit tardif et surcorrigé ; ensuite que la variante textuelle du verset donnée par ce manuscrit et ces éditions relève d’une tradition testimoniale antiochienne sans doute assez éloignée de l’usage hiérosolymitain du IVe s. Cette approche critique de la tradition testimoniale semble par conséquent permettre non seulement de pointer les choix des éditeurs modernes, mais aussi d’amender le texte. Nous l’avons donc étendue à un corpus plus vaste, celui des testimonia de l’Incarnation (Cat. 12) et de la Passion (Cat. 13), afin d’en vérifier plus systématiquement la pertinence. Ce travail, qui n’épuise certes pas les questions posées par l’édition critique des Catéchèses, apporte un éclairage intéressant à une œuvre où les citations et allusions bibliques sont d’une fréquence peu commune, même pour la littérature patristique.

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Josef ESKHULT, « The primeval language and Hebrew ethnicity in ancient Jewish and Christian thought until Augustine », p. 291-347

Cet article traite du thème de la langue originelle et de l’ethnicité hébraïque dans les pensées juive et chrétienne de l’Antiquité. Après avoir passé ces thèmes en revue dans l’Ancien Testament (chap. 2), j’examine le développement historique de ce même sujet dans le judaïsme ancien (chap. 3), dans l’ancienne exégèse patristique ainsi que dans l’apologétique (chap. 4 et 5). Je démontre comment, et, dans une certaine mesure, pourquoi la langue originelle fut identifiée à l’hébreu par le judaïsme hellénistique, et j’examine pourquoi cette idée fut adoptée par la patristique grecque et latine, jusqu’à la fin de l’antiquité ; je m’attarde particulièrement sur les conceptions d’Augustin. Cet article suit aussi le développement du concept, lié à celui de la langue, de l’ethnicité hébraïque dans la pensée antique. Comment, tout d’abord, le mot « hébreu » fut conçu, étymologiquement, comme un terme ethnique, puis comment il fut utilisé comme un terme religieux dans l’apologétique chrétienne de l’Antiquité tardive. Cet article se fonde sur un large éventail de sources antiques.

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Pierre CHAMBERT-PROTAT, « Les centons augustiniens de Florus de Lyon : minutie, érudition et vulgarisation », p. 349-379

L’exemplaire carolingien lyonnais du sermon 46 d’Augustin de pastoribus porte une série très lisible des signes bien connus, au moyen desquels Florus de Lyon découpait les extraits destinés à ses compilations patristiques sur les épîtres de Paul. Pourtant, il ne s’agit pas là d’un de ces extraits : le centon qu’il prépare porte sur le Cantique des cantiques, 1, 6-7. Son extraction et son analyse permettent de montrer comment Florus dégage, d’un passage hautement polémique, une exégèse toute spirituelle et détachée des contingences historiques : une conclusion que l’on peut étendre à d’autres centons augustiniens du même Florus. On le sait pourtant, par ailleurs, très curieux de faits historiques et très conscient des questions de contexte, qu’il relève assidûment dans ses notes marginales sur les Pères. Ainsi se font jour deux facettes du Florus de Lyon théologien : d’une part l’érudit travaillant à enrichir et préciser ses connaissances, d’autre part le vulgarisateur qui cherche à mettre Augustin à la portée des simplices.

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Dernière mise à jour le : mercredi 28 juin 2017