Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 59 (2013)

59/1

Jean-Claude Fredouille (1934-2012) I-XI
Bibliographie de Jean-Claude Fredouille XIII-XXI
Benjamin GOLDLUST L’esthétique baroque de Tertullien dans le De pallio : échappées stylistiques et structures éclatées 1-21
Lucia SAUDELLI Le Socrate de Tertullien 23-53
Lorenzo PERRONE Origenes rediuiuus : la découverte des Homélies sur les Psaumes dans le Cod. Gr. 314 de Munich 55-93
François DOLBEAU Un Sermon prêché durant des intempéries, témoin négligé de versets d’Isaïe en vieille-latine 95-116
Jeffery AUBIN Le De rhetorica du Pseudo-Augustin : réexamen des objections contre l’authenticité augustinienne 117-134
Josep VILELLA Vt omni sabbato ieiunetur. A propósito de dos cánones pseudoiliberritanos sobre al ayuno sabático hebdomadario 135-180
Comptes rendus bibliographiques 181-218

59/2

Lukas J. DORFBAUER Fortunatian von Aquileia, Origenes und die Datierung des Physiologus 219-245
Mariagnese GIUSTO La miséricorde envers soi-même : Siracide 30, 24 (23) dans l’œuvre d’Augustin 247-273
Camille GERZAGUET Ambroise, Cassiodore et la série dite de patriarchis 275-298
Raúl VILLEGAS MARÍN Un épisode méconnu de la « préhistoire » du purgatoire chrétien : Fauste de Riez, Césaire d’Arles et les « miséricordieux » gaulois 299-335
Ariane BODIN Quelques considérations sur le problème du logement des clercs à travers le prisme des relations avec les laïcs dans l’Antiquité tardive 337-378
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2012 379-439
Bulletin augustinien pour 2012/2013 et compléments d’années antérieures 441-504
Auteurs des travaux recensés 505-511
Table générale 513-514

Résumés :

Benjamin GOLDLUST, « L’esthétique baroque de Tertullien dans le De pallio : échappées stylistiques et structures éclatées », p. 1-21

Le De pallio est une œuvre fuyante qui repose sur le contraste, voire sur la contradiction. Après un certain nombre de définitions et une mise en contexte théorique sur la notion de baroque, notamment par comparaison avec Apulée, on mesure à quel point l’écriture du traité est marquée par le décalage vertigineux entre une affaire banale et la plaidoirie coruscante à laquelle elle donne lieu, ainsi que, dans sa mise en forme, par l’alliance de passages manifestant une infinie complexité syntaxique et, parfois, une étonnante simplicité. Il apparaît qu’au fil de sa diatribe sur l’universalité du changement, Tertullien a donné au contraste un statut stylistique imposant une esthétique. On remarque, en outre, que Tertullien adopte tour à tour l’êthos du prédicateur, du conférencier mondain et de l’orateur, mais qu’il cherche toujours à charmer son public pour gagner son assentiment et susciter son admiration, peut-être afin de répondre à son isolement croissant. La copia et l’ornatus, sévèrement critiqués par le théoricien Tertullien, jouent donc ici un rôle paradoxalement fondateur, comme le montre le statut des exempla, qui dépasse largement le statut classique de la preuve oratoire et permet au Carthaginois de donner libre cours à l’expression d’une forme de jubilation stylistique.

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Lucia SAUDELLI, « Le Socrate de Tertullien », p. 23-53

Le but de cette étude est de fournir un aperçu général, thématique et analytique du témoignage de Tertullien sur Socrate. Dans un premier temps, on examinera les textes où Tertullien a recours à des données historiques et littéraires, et on comparera les diverses attitudes qu’il adopte à l’égard de Socrate. La deuxième partie du travail consiste en l’étude de la manière dont Tertullien exploite la doctrine psychologique, théologique et épistémologique de Socrate – ce qui permettra d’évaluer la spécificité de cette réception et son intérêt pour l’histoire de la pensée antique. Quant à la troisième section, elle est consacrée au sujet qui a le plus intéressé Tertullien : le démon de Socrate ; on montrera alors les enjeux de sa critique chrétienne des dieux du paganisme.

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Lorenzo PERRONE, « Origenes rediuiuus : la découverte des Homélies sur les Psaumes dans le Cod. Gr. 314 de Munich », p. 55-93

Après avoir rappelé les circonstances de la découverte en avril 2012 du Codex Monacensis Graecus 314, appartenant à la Bayerische Staatsbibliothek de Munich par Marina Molin Pradel, l’article examine le procès d’authenticité des 29 homélies anonymes sur les Psaumes en vue de leur attribution à Origène. Les critères externes à l’appui sont nombreux : d’abord, la liste des homélies origéniennes transmise par Jérôme dans la Lettre 33, dont les correspondances avec le Cod. Gr. 314 sont très nombreuses (en particulier, pour la longue série des neuf sermons sur le Psaume 77) ; ensuite, les quatre premières homélies sur le Psaume 36 traduites par Rufin, dont nous possédons maintenant l’original grec ; encore, un important fragment latin dans l’Apologie d’Origène par Pamphile et Eusèbe de Césarée qui s’avère être tiré de la deuxième homélie sur le Psaume 15. À tous ces témoins externes il faut ajouter l’ensemble des fragments conservés dans les chaînes, qui attestent à leur tour la connaissance des nouvelles homélies par les caténistes. À renfort de l’attribution surviennent aussi les critères internes selon un triple ordre de considération : 1) les aspects stylistiques et littéraires ; 2) le cadre historique et doctrinal ; 3) la personnalité du prédicateur. Ces homélies apportent par là une lumière nouvelle non seulement pour l’étude de la prédication d’Origène, mais aussi sur l’important chapitre de son exégèse des Psaumes ainsi que sur le développement de sa pensée.

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François DOLBEAU, « Un Sermon prêché durant des intempéries, témoin négligé de versets d’Isaïe en vieille-latine », p. 95-116

Édition critique d’un sermon anonyme, transmis par trois manuscrits (dont deux de la fin du IXe s.), originaires du Nord-Est de la France. Durant une période d’intempéries, le prédicateur interprète le désordre climatique comme un châtiment divin, suscité par le désordre social (oppression des pauvres, captations d’héritages, etc.). Son argumentation vétéro-testamentaire repose sur des versions bibliques en vieille-latine, notamment cinq versets d’Isaïe cités de façon continue. Sa langue présente de nombreux traits tardo-antiques. Selon toute vraisemblance, le sermon fut préché dans une très grande ville d’Italie, entre 450 et 650, par un orateur de talent.

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Jeffery AUBIN, « Le De rhetorica du Pseudo-Augustin : réexamen des objections contre l’authenticité augustinienne » p. 117-134

La critique moderne a mis en doute l’authenticité du traité De rhetorica et l’on associe maintenant ce texte à un Pseudo-Augustin. Or l’analyse des objections apportées contre la paternité augustinienne révèle leur faiblesse. L’argument principal est l’utilisation de termes grecs par l’auteur du traité ; on juge généralement ce recours à la langue d’Homère inutile et contraire à l’habitude d’Augustin. Il est toutefois possible que le Pseudo-Augustin suive une tradition latine initiée par Cicéron, tradition qui peut être également trouvée chez Augustin. Tandis que la remise en question de ces arguments n’établit pas l’authenticité du texte, elle tend toutefois à souligner la faiblesse des objections.

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Josep VILELLA, « Vt omni sabbato ieiunetur. A propósito de dos cánones pseudoiliberritanos sobre al ayuno sabático hebdomadario » p. 135-179

Jusqu’au 19 mars 416 – date de l’Ep. 25 du pape Innocent Ier – on ne trouve pas trace, même dans l’Vrbs, d’une observance obligatoire d’un jeûne le samedi de chaque semaine de l’année – avec inclusion, par conséquent, de la période de la Cinquantaine après Pâques. Bien que cette canonica regula – comme la qualifie Jean Cassien – n’ait pas été observée dans toutes les Églises occidentales – les Églises orientales quant à elles ont continué à fixer aux mecredis et vendredis une restriction alimentaire régulière –, Rome la maintiendra. De ce précepte d’Innocent découlent les canons 23 et 26 assignés au pseudo-concile d’Elvire : ils sont insérés dans une compilation qui atteste aussi la rupture du laetissimum spatium, puisqu’elle distingue clairement la fête de l’Ascension du dimanche de Pentecôte. Même si les deux canons incluent la Cinquantaine dans la période d’observance de ce jeûne hebdomadaire régulier, le c. 26 a été clairement introduit après le c. 23, pour supprimer l’exception d’été que celui-ci établissait en relation avec la superpositio du samedi : le c. 26 prescrit en effet d’observer le jeûne omni sabbati die, tout en qualifiant d’error l’interruption estivale de cette pratique. Le fait que ce canon dépende de l’épître-décrétale d’Innocent se déduit, de plus, de la coïncidence qui existe entre le résumé de cette lettre qui apparaît dans l’Épitomé Hispanique et la version que cette collection canonique abrégée offre du c. 26 pseudoiliberritain.

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Lukas J. DORFBAUER, « Fortunatian von Aquileia, Origenes und die Datierung des Physiologus », p. 219-245

Cet article étudie quatre passages du commentaire sur les Évangiles de Fortunatien d’Aquilée concer­nant l’interprétation figurée de quatre animaux (vipère, serpent, cerf et renard). On compare ce que Fortunatien dit des mœurs de ces animaux, et ce qu’il en tire au plan symbolique pour expliquer les Évangiles, d’abord à ce qu’on peut lire à ce sujet dans le Physiologus, et dans un second temps à ce qu’en dit Origène. L’intention est double : examiner les sources possibles de Fortunatien et éclairer la question controversée de la datation du Physiologus. Il est démontré que le Physiologus a utilisé des textes d’Origène ; ainsi, il date, selon toute vraisemblance, de la deuxième moitié du IIIe s. Quant à Fortunatien, il n’utilise ni l’original grec du Physiologus ni une version latine, mais dérive indirec­tement d’Origène, très vraisemblablement à travers le commentaire perdu sur Matthieu de Victorin de Poetovio.

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Mariagnese GIUSTO, « La miséricorde envers soi-même : Siracide 30, 24 (23) dans l’œuvre d’Augustin », p. 247-273

Le verset biblique Sir 30, 24 : « Prends pitié de ton âme en te rendant agréable à Dieu », présente relativement peu d’occurrences dans l’œuvre augustinienne, mais il apparaît de manière constante à partir de 397 et figure dans des textes importants, à l’exemple du De Ciuitate Dei. Augustin s’appuie sur Sir 30, 24 pour parler de la miséricorde dont l’homme doit faire preuve envers lui-même. Cette miséricorde envers soi-même consiste en une profonde conversion pour retrouver la communion avec Dieu en lui devenant agréable jusqu’à s’offrir à lui en sacrifice : elle insère l’homme dans le plan de salut de Dieu pour le faire participer au bonheur éternel.

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Camille GERZAGUET, « Ambroise, Cassiodore et la série dite de patriarchis », p. 275-298

Une série de traités ambrosiens, mentionnée pour la première fois par Cassiodore et intitulée de patriarchis, a suscité, depuis Lenain de Tillemont jusqu’à une époque récente, des hypothèses diverses quant à sa composition. À la lumière de la découverte du manuscrit Lucca, biblioteca capitolare 14 (IXe s.), qui contient une série de textes désignés comme les libri de patriarchis dans sa table des matières, et d’une relecture de Cassiodore, qui propose une nouvelle interprétation du mot liber dans les trois passages ayant trait à la série en question, l’article a pour but de proposer des clarifications sur l’identité et l’ordre des livres qui composaient cet ensemble. Celui-ci résulterait d’une édition thématique composée à Milan au Ve ou VIe siècle. Toutefois, au sein même de cette série, quatre traités, le De Isaac uel anima, le De bono mortis, le De fuga saeculi et le De Iacob et uita beata, forment une tétralogie dont la cohérence thématique et l’unité de transmission dans la tradition manuscrite la plus ancienne suggèrent une publication décidée par Ambroise lui-même.

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Raúl VILLEGAS MARÍN, « Un épisode méconnu de la “préhistoire” du purgatoire chrétien : Fauste de Riez, Césaire d’Arles et les “miséricordieux” gaulois », p. 299-335

Les parallèles que l’on peut établir entre les propos eschatologiques des homélies 6 et 36 du corpus pseudo-eusébien et quelques passages de la lettre 5 de Fauste – adressée au « miséricordieux » Paulin de Bordeaux – confirment l’attribution à l’évêque de Riez des susdites homélies. Cela nous permet de mieux pondérer l’influence de l’eschatologie de Fauste sur un autre auteur lérinien, Césaire d’Arles, ainsi que de mieux évaluer le rôle que l’idée de purgation eschatologique a joué dans la prédication de ces moines-évêques lériniens. Ces auteurs n’ont pas retenu l’hypothèse augustinienne d’une purgation de certains péchés dans l’intervalle entre mort et résurrection. Ils placent cette purgation après la résurrection et dans un contexte infernalisé. Dans la prédication des Lériniens, l’idée d’expiation temporaire eschatologique des péchés menus sert finalement à promouvoir parmi leurs ouailles l’idéal de pénitence quotidienne.

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Ariane BODIN, « Quelques considérations sur le problème du logement des clercs à travers le prisme des relations avec les laïcs dans l’Antiquité tardive », p. 337-378

Alors que les canons ecclésiastiques indiquent que les clercs peuvent être logés dans les domus ecclesiae de leurs collègues, lorsqu’ils sont en voyage, les mêmes normes condamnent les clercs résidant dans des hôtelleries, perçues le plus souvent comme les repaires du vice, à l’exception notable du deversorium. L’analyse des sources littéraires et hagiographiques permet de mettre au jour un aspect méconnu des relations entre les clercs et les laïcs par le truchement des déplacements, puisque les ecclésiastiques peuvent également séjourner dans des domus profanes, lorsqu’ils y sont invités. Le présent article a pour objet d’offrir un large panorama des sources tardo-antiques en dressant une typologie des résidences temporaires dans lesquelles séjournent les clercs et plus particulièrement les évêques dont les déplacements sont le plus souvent évoqués dans les sources, principalement entre le IVe et le VIe siècle, dans l’ensemble de l’empire. L’objectif est de comprendre dans quelle mesure ces voyages permettent de dévoiler les stratégies politiques et sociales des clercs, dessinant de nouvelles collusions en fonction de leurs déplacements.

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Dernière mise à jour le : dimanche 21 mai 2017