Institut d’Études Augustiniennes

IEA - Composante du LEM (UMR 8584 du CNRS)

Accueil > Publications > Les Revues > Revue d'études augustiniennes et patristiques (RÉAug) > Tables de la Revue

Volume 56 (2010)


56/1

Sébastien MORLET La datation du Contra Christianos de Porphyre. À propos d’un passage problématique d’Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, VI, 19, 2) 1-18
L’Ambrosiaster révise l’Ambrosiaster
Sophie LUNN-ROCKLIFFE Introduction 21-24
Marie-Pierre BUSSIÈRES L’esprit de Dieu et l’Esprit Saint dans les Questions sur l’Ancien et le Nouveau Testament de l’Ambrosiaster 25-44
Theodore S. DE BRUYN Ambrosiaster’s Revisions of His Commentary on Romans and Roman Synodal Statements about Holy Spirit 45-68
Stephen COOPER - David G. HUNTER Ambrosiaster redactor sui : The Commentaries on the Pauline Epistles (Excluding Romans) 69-91
Comptes rendus bibliographiques 93-133

56/2

Jean-Claude FREDOUILLE René Braun (1920-2010) I-II
Fabienne JOURDAN Le Logos de Clément soumis à la question 135-172
Clemens WEIDMANN Vier unerkannte Predigten des Augustinus 173-196
Pierre DESCOTES Saint Augustin et la crise pélagienne : le témoignage de la correspondance (Epistulae 186, 187 et 194) 197-227
Marie FORMARIER Afrae aures de correptione uocalium uel productione non iudicant (De Doctrina Christiana, 4, 10, 24). Les oreilles africaines entendaient-elles les rythmes latins ? 229-248
Catherine BROC-SCHMEZER L’interdit de l’inceste et autres questions matrimoniales chez Jean Chrysostome 249-273
Maria Valeria INGEGNO Matrimonio e divorzio in Gilberto Porretano 275-290
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2009 291-340
Bulletin augustinien pour 2009/2010 et compléments d’années antérieures 341-396
Auteurs des travaux recensés 397-402
Table générale 403-404

Résumés :

Sébastien MORLET, La datation du Contra Christianos de Porphyre. À propos d’un passage problématique d’Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, VI, 19, 2), p. 1-18

La critique date en général la rédaction du Contra Christianos du séjour de Porphyre en Sicile, et donc le plus souvent autour de 270. Cette datation repose uniquement sur un contresens commis à partir du témoignage d’Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 19, 2, chez qui l’évocation du séjour sicilien de Porphyre ne sert pas à dater précisément son traité antichrétien, mais plutôt l’activité du philosophe en général. Les arguments parfois proposés en faveur d’une datation plus basse ne sont pas tous plus convaincants, mais il faut convenir avec T. D. Barnes que le texte d’Eusèbe a été en général mal compris. La seule certitude, c’est que le Contra Christianos a été composé entre la publication d’un ouvrage dont il dépend, l’Histoire des Ptolémées de Callinicus Sutorius (entre la fin 270 et l’été 272), et la mort de Porphyre lui-même, vers 305.

Retour au tableau


Marie-Pierre BUSSIÈRES, L’esprit de Dieu et l’Esprit Saint dans les Questions sur l’Ancien et le Nouveau Testament de l’Ambrosiaster, p. 25-44

Parmi les questions de l’Ambrosiaster qui ont subi des récritures, on trouve notamment des textes où il semble que l’esprit de Dieu n’est pas toujours identifié à l’Esprit Saint. En outre, d’une version à l’autre, l’auteur introduit la notion de consubstantialité afin de bien expliquer ce qu’est l’Esprit Saint, ce qui n’est pas commun dans l’Occident latin du IVe siècle finissant. Nous tentons d’analyser ce qui motive ces modifications, notamment à la lumière d’exégèses contemporaines de Gen 1, 2, et proposons une datation pour les différentes versions produites par l’Ambrosiaster.

Retour au tableau


Theodore S. DE BRUYN, Ambrosiaster’s Revisions of His Commentary on Romans and Roman Synodal Statements about Holy Spirit, p. 45-68

Le Commentaire à l’Épître aux Romains de l’Ambrosiaster nous est parvenu en trois versions qui sont probablement successives (alpha, beta et gamma). Dans les versions alpha et beta, l’Ambrosiaster a modifié les commentaires à Rom 1, 3 et 8, 26-27 afin de mettre en valeur la divinité de l’Esprit Saint (contre les Pneumatomaques) et la pleine humanité du Christ (contre Apollinaire). Ces changements sont étudiés à la lumière des lettres synodales rédigées dans les années 370-380 à Rome. Les commentaires sur l’Épître aux Romains tels qu’ils apparaissent dans la version alpha semblent dater d’avant 375 et peut-être même d’avant 371. Les changements qui ont été faits dans la version beta répondent aux développements théologiques qui se produisent à Rome dans la seconde moitié des années 370 et les changements qui apparaissent dans la version gamma semblent dater du début des années 380. Cela étant, il reste des problèmes de datation des diverses versions qui requièrent toujours une solution.

Retour au tableau


Stephen COOPER - David G. HUNTER, Ambrosiaster redactor sui : The Commentaries on the Pauline Epistles (Excluding Romans), p. 69-91

Les multiples versions des Questions et des Commentaires de l’Ambrosiaster sont pour le chercheur une mine d’informations sur le développement de la pensée de l’exégète et un point de départ pour dater un peu plus précisément les différentes rédactions de ses commentaires aux Épîtres pauliniennes. Cet article se penche sur les révisions que l’auteur a faites à ses commentaires aux Épîtres aux Corinthiens et aux Épîtres mineures, avec pour objectif de montrer les liens entre l’exégète anonyme et son milieu. Dans ce but, les révisions qui trahissent des préoccupations face au donatisme, au manichéisme, aux controverses sur l’Esprit, de même que le débat entre Jérôme et Helvidius sont de la plus grande importance. Afin d’expliquer ces révisions, nous proposons la date de 384 pour la rédaction de la version gamma des commentaires aux Épîtres mineures de Paul.

Retour au tableau


Fabienne JOURDAN, Le Logos de Clément soumis à la question, p. 135-172

Deux questions, inspirées par les doctrines qui lui sont postérieures, sont parfois posées à l’œuvre de Clément, alors tantôt soupçonnée d’« hétérodoxie », tantôt louée pour sa précoce « orthodoxie » : l’Alexandrin a-t-il distingué deux Logoi ? Le cas échéant, les aurait-il considérés comme successifs ou bien aurait-il envisagé la notion de génération éternelle ? Cet article propose un nouvel examen des textes les plus souvent cités pour résoudre ces questions et traite de manière plus approfondie du fragment 23 des Hypotyposes transmis par Photius dont il passe en revue les interprétations modernes. L’auteur tente par là de transformer cet « interrogatoire », qui met la pensée de Clément à la torture, en écoute de celle-ci et de ses témoins. Adoptant, à titre d’hypothèse herméneutique, l’idée que le texte cité par Photius peut réellement être attribué à Clément, elle invite à découvrir dans ce dernier une distinction entre πατρικὸς λόγος, πατρῷος λόγος et Esprit Saint, conçus comme trois aspects distincts du Logos divin dont l’unité ne serait pas mise en cause. Clément aurait pu avoir établi cette distinction dans le contexte des débats théologiques de son époque, peut-être par opposition aux excès du monarchianisme ou plutôt en vue d’élaborer une réflexion sur le statut de l’Esprit Saint.

Retour au tableau


Clemens WEIDMANN, Vier unerkannte Predigten des Augustinus, p. 173-196

Selon les références de l’Indiculus, Augustin ne destinait pas le sermon sur le Psaume 25 (en. ps. 25/2) et les trois sermons sur Jean 5, 19-30 (Io. eu. tr. 20–22), respectivement aux Enarrationes in psalmos et aux Tractatus in Iohannis Euangelium. Ces sermons nous sont parvenus pour la seule raison qu’ils ont été incorporés, probablement sans le consentement d’Augustin, dans ces deux recueils exégétiques majeurs. L’identification, dans le testimonium fréquemment cité ep. 23A*, 3, 2 dictaui contra Arrianos ... tres sermones mittendos Carthaginem, des trois sermons sur Jean démontre qu’ils n’ont pas été prêchés par Augustin, mais qu’il les a dictés pour être délivrés par d’autres. C’est probablement par l’environnement d’Aurelius, évêque de Carthage, qu’ils ont été insérés dans l’édition en préparation des tractatus. On peut expliquer la grande quantité d’irrégularités trouvées dans les manuscrits par une tentative des scribes de rectifier l’ordre des textes, perturbé à cause de l’interpolation. Les quatre sermons devraient dorénavant être cités comme sermo 166A et 126A-C.

Retour au tableau


Pierre DESCOTES, Saint Augustin et la crise pélagienne : le témoignage de la correspondance (Epistulae 186, 187 et 194), p. 197-227

La correspondance de l’évêque d’Hippone offre au lecteur un ensemble de textes variés, souvent mal connus, qui nous livrent une image originale de l’activité considérable que déployait Augustin non seulement en tant que théologien, mais également en tant qu’évêque au sein de l’église d’Afrique, ou que personne privée soucieuse du sort de ses amis. En cela, sa lecture permet de compléter l’étude des traités doctrinaux de l’évêque d’Hippone, généralement mieux connus. C’est précisément cet aspect de la correspondance que l’analyse de trois lettres rédigées en plein cœur de la crise pélagienne (epistulae 186 à Paulin de Nole, 187 à Dardanus et 194 à Sixte) permet de souligner : au-delà de l’accord doctrinal des trois textes dans leur réfutation de l’hérésie pélagienne, chaque lettre a, par sa construction, son style et le ton qu’elle emploie, une originalité propre, qui révèle le soin qu’a pris leur auteur d’offrir à ses correspondants des textes personnellement adaptés à leurs besoins et leurs situations – et rappelle que la préoccupation principale d’Augustin était pastorale et spirituelle, avant que d’être abstraite et spéculative, y compris dans ses écrits de polémique sur la grâce.

Retour au tableau


Marie FORMARIER, Afrae aures de correptione uocalium uel productione non iudicant (De Doctrina Christiana, 4, 10, 24). Les oreilles africaines entendaient-elles les rythmes latins ?, p. 229-248

Depuis Cicéron, l’éloquence latine accorde une grande importance aux rythmes du discours, qui ont pour vocation de susciter un plaisir auditif essentiel dans le processus de persuasion. Or, dès l’époque d’Augustin, le parler courant tend à se désolidariser des normes classiques de la langue latine. Dès lors, comment le prédicateur parvient-il à associer la musicalité des rythmes latins et le souci constant d’une communication efficace, accessible à tous ? Mettant en perspective le De Doctrina Christiana et le De Musica, il s’agit de replacer le fameux passage sur les Afrae aures dans son contexte linguistique et culturel, et d’en évaluer les enjeux rhétoriques et prosodiques. On s’attache donc, dans cette étude, à identifier les typologies socioculturelles établies par Augustin en fonction des différentes catégories de perception rythmique, plus précisément les processus cognitifs et émotionnels qui permettent au public sans instruction d’être charmé par les rythmes latins ; il s’agit enfin, à travers l’analyse de quelques exemples concrets, de mesurer à quel point l’expérience acoustique suscite des modifications profondes dans l’exécution de ces rythmes.

Retour au tableau


Catherine BROC-SCHMEZER, L’interdit de l’inceste et autres questions matrimoniales chez Jean Chrysostome, p. 249-273

En dialogue avec les recherches de Philippe Moreau, l’article montre qu’à trois reprises, Jean Chrysostome évoque l’interdit de l’inceste et le justifie par la nécessité de diffuser les liens d’affection hors du cadre étroit de la famille. Des imprécisions, des fluctuations dans la formulation – l’auteur parlant de diffuser la philia alors même qu’il commente l’hymne à l’agapè d’1 Co 13 – invitent à penser que Chrysostome reprend ici la pensée de quelqu’un d’autre plutôt qu’il ne se livre à une réflexion personnelle. Mais sa source reste à définir. Tout au plus peut-on dire qu’elle est probablement grecque, probablement païenne, et probablement commune à celle d’Augustin, qui affirme la même idée en Cité de Dieu XV, 16, 1-2. Il ne semble pas que Chrysostome se soit exprimé davantage sur le sujet, car on le voit plutôt éluder la question, notamment à propos des mariages d’Isaac et de Rebecca. Ce souci de la diffusion du lien social ne doit pas pour autant faire de lui l’apôtre des « mariages arrangés », comme le prétend D. O’Roark, et, s’il accepte le principe de l’intermédiaire et de la dot, on le voit plutôt s’exprimer très clairement contre toute pratique intéressée dans le choix de l’épouse.

Retour au tableau


Maria Valeria INGEGNO, Matrimonio e divorzio in Gilberto Porretano, p. 275-290

En dépit de la riche bibliographie existant à propos de la réflexion d’Augustin sur les liens sacrés du mariage, manquent encore des contributions relatives à la postérité médiévale de la pensée d’Augustin en la matière. Malgré les soupçons éventuels d’hérésie qu’on pourrait lui opposer, dans son commentaire inédit de I Cor. VII, 1-16, Gilbert de la Porrée développe une exégèse orthodoxe d’origine augustinienne qui, d’un côté, voit dans le mariage un élément essentiel de l’économie du salut, et de l’autre, le justifie comme une solution au statut d’infirmitas propre à l’homme, conséquence du péché originel. Toutefois, l’exégète conçoit aussi le mariage comme un véritable don de Dieu, en vertu de trois biens qui lui sont intrinsèques : la fides, la proles, le sacramentum. Gilbert exclut donc la possibilité de contracter des secondes noces ou de demander le divorce. S’appuyant sur l’auctoritas de l’Ambrosiaster, le commentateur admet pourtant une clause particulière dans le cas de la fornicatio spiritualis

Retour au tableau





Rechercher




Copyright Institut d’Études Augustiniennes - 2016

Dernière mise à jour le : vendredi 24 mars 2017