Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 55 (2009)


55/1

Philippe BRUGGISSER Numa Pompilius et la Rome sacrée. Regards croisés d’Augustin et de Thémistios 3-21
Andrew CAIN Tertullian, Cyprian, and Lactantius in Jerome’s Commentary on Galatians 23-51
Geoffrey D. DUNN The Christian Networks of the Aniciae : The Example of the Letter of Innocent I to Anicia Juliana 53-72
Cyrille CRÉPEY Les Homélies sur la Genèse de Jean Chrysostome : unité de la série, chronologie de la succession, provenance et datation 73-112
Francis GAUTIER Le dépassement des genres chez les Cappadociens et chez Grégoire de Nazianze en particulier. À propos de la Métaphysique des sexes de Sylviane Agacinski 113-140
Comptes rendus bibliographiques 141-170

55/2

Philippe CHARRU Temps et musique dans la pensée d’Augustin 171-188
Mickaël RIBREAU Augustin hérésiologue dans le Contra Iulianum 189-213
Benjamin GOLDLUST Rhétorique de l’éloge dans le livre 1 de la Correspondance de Symmaque : à propos de Symm., Epist., 1, 3, 2 et de Aus., ap. Symm., Epist., 1, 32, 3 215-224
Michele CUTINO Structure de la composition et exégèse dans la Paraphrase de l’Évangile de s. Jean de Nonnos de Panopolis 225-246
Valérie FAUVINET-RANSON Une réponse de Cassiodore à la Consolation de Philosophie ? (Variae I, 5) 247-264
Adrien CANDIARD Un commentaire des Actes attribué à Raban Maur 265-278
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2008 279-327
Bulletin augustinien 2008/2009 et compléments d’années antérieures 329-379
Auteurs des travaux recensés 381-388
Table générale 389-390

Résumés :

Philippe BRUGGISSER, Numa Pompilius et la Rome sacrée. Regards croisés d’Augustin et de Thémistios, p. 3-21

Alors qu’Augustin concentre l’essentiel de ses réflexions sur Numa Pompilius dans la Cité de Dieu, Thémistios évoque le second roi de Rome dans le discours (or. 13) qu’il prononce vraisemblablement à l’occasion des décennales du règne de Gratien, le 24 août 376, en qualité d’hôte du Sénat de Rome, alors que l’empereur était attendu dans la Ville. Pour Augustin, Numa a instauré une véritable impiété, pour Thémistios, une piété véritable. Pour le premier, le Sénat est le complice d’une imposture religieuse, pour le second, le garant d’un patrimoine sacré. Le même passé constitue pour l’un une référence à abandonner, pour l’autre une référence à perpétuer. Quand bien même Augustin ne réplique pas à Thémistios, la comparaison des points de vue n’en est pas moins féconde : à quelques années ou décennies d’intervalles, Augustin et Thémistios apparaissent comme les représentants d’une forme de pensée et d’une technique d’argumentation qui, confrontées l’une à l’autre, s’éclairent mutuellement dans leur application à un même segment de l’histoire de Rome dans ses rapports au sacré.

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Andrew CAIN, Tertullian, Cyprian, and Lactantius in Jerome’s Commentary on Galatians, p. 23-51

Le Commentaire sur Galatiens de Jérôme est, sur cette épître paulinienne, l’exègèse la plus érudite dont on dispose en latin à l’époque patristique. Les études de ses sources, traditionnellement, se sont concentrées sur la manière dont Jérôme utilise l’exégèse patristique grecque. Par conséquent, on a tendu à sous estimer le caractère latin du Commentaire. Dans cet article, Andrew Cain cite une vingtaine de passages faisant écho, textuellement, à des écrits de Tertullien, Cyprien, et Lactance, et il démontre que la tradition patristique latine a en réalité formé la texture littéraire du Commentaire, beaucoup plus profondément qu’on ne l’a cru auparavant.

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Geoffrey D. DUNN, The Christian Networks of the Aniciae : The Example of the Letter of Innocent I to Anicia Juliana, p. 53-72

À la fin du IVe et au début du Ve siècle, les femmes de la famille des Aniciae étaient au centre d’un vaste réseau de correspondants chrétiens. Les lettres écrites par Augustin, Jean Chrysostome, Pélage, Jérôme et le pseudo-Prosper d’Aquitaine, à Anicia Juliana, sa belle-mère Proba et sa fille Démétrias, ont été minutieusement examinées en raison des informations qu’elles apportent sur l’ascétisme, le rôle des femmes chrétiennes, l’importance des réseaux de patronage, les contacts entre l’Est et l’Ouest, et les controverses origénienne et pélagienne. Au contraire, la Lettre 15 d’Innocent I, évêque de Rome de 402 à 417, à Juliana, n’a pas bénéficié de la même attention. Dans cet article, il s’agit de réexaminer les indices prosopographiques concernant Juliana et les nombreux rapports entre les Aniciae et les figures littéraires chrétiennes, et de faire des suggestions sur les raisons pour lesquelles Innocent eut besoin de l’appui de Juliana. L’argument proposé ici est de ne pas considérer cette lettre comme un commentaire sur la décision de Démétrias d’adopter un mode de vie ascétique mais sur la propre décision de Juliana de devenir une veuve ascétique, à la suite de la mort de son illustre mari. Ceci impliquerait une datation de cette lettre en 412 ou 413.

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Cyrille CRÉPEY, Les Homélies sur la Genèse de Jean Chrysostome : unité de la série, chronologie de la succession, provenance et datation, p. 73-112

Concernant les circonstances de la production des Homélies sur la Genèse de Jean Chrysostome, la question de leur datation, objet premier de notre recherche comme étant celui sur lequel le plus d’incertitude restait à lever, ne pouvait être examinée indépendamment des deux autres questions qui sont celles de la succession et de la provenance des homélies. Nous devions en outre préalablement nous assurer de la réalité de la série. En faveur de celle-ci, notre conclusion est formelle. Puis, refaisant le chemin parcouru avant nous par l’historien Lenain de Tillemont pour établir la succession des homélies, nous aboutissons, sous réserve de quelques précisions, aux mêmes conclusions que lui sur le sujet. En optant, à propos de la provenance, pour Antioche, nous rejoignons la solution retenue par la grande majorité des critiques. Pour ce qui concerne enfin la datation, c’est l’année 388 qui nous paraît devoir être privilégiée. Nous nous différencions en cela de la position finalement défendue, au siècle dernier, par Bonsdorff, qui, en proposant l’année 389, avait cru devoir décaler la date de production de l’œuvre d’une année par rapport à 388, sur laquelle avaient convergé avant lui à la fois Montfaucon, Stilting, Rauschen, Schwartz et Baur, et à laquelle il nous paraît raisonnable de revenir aujourd’hui.

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Francis GAUTIER, Le dépassement des genres chez les Cappadociens et chez Grégoire de Nazianze en particulier. À propos de la Métaphysique des sexes de Sylviane Agacinski, p. 113-140

Dans sa Métaphysique des sexes (2005), S. Agacinsky traque l’androcentrisme dans tous les aspects doctrinaux de la littérature patristique des cinq premiers siècles. Elle l’y débusque sous trois formes principales : une masculinité divine « métasexuelle » ; une masculinité physique et spirituelle présexuelle dans l’« image » de Dieu que l’altérité féminine compromet ; un idéal éthique de virilité spirituelle qui s’accomplit dans l’état eschatologique – asexué ou asexuel. Quant à l’universalisme paulinien de Ga 3, 28, il ne remet pas en cause la hiérarchie des sexes ici-bas, spirituellement indifférente. Seul Ambroise de Milan aurait fait exception à cet androcentrisme massif. Cet article, une étude du dépassement des genres chez les Pères cappadociens, conteste cette vision. Il s’intéresse tout particulièrement à Grégoire de Nazianze, que l’ouvrage d’Agacinsky ignore et qui fut pourtant un féministe en son temps. Dans la théologie cappadocienne, la divinité transcende non seulement les sexes, mais les genres. Sur le plan anthropologique et sotériologique, il y a une égalité totale de l’homme et de la femme, tant charnelle que spirituelle, avec une responsabilité partagée dans la chute originelle. Quant à la capacité éthique à mener la vie vertueuse, ascétique, la femme est même plus courageuse ou endurante. Enfin, sur la base de cette égalité spirituelle, le Nazianzène défend même l’égalité des droits des deux sexes en matière matrimoniale.

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Philippe CHARRU, Temps et musique dans la pensée d’Augustin, p. 171-188

La conception de la musique qu’Augustin a élaborée dans le De musica autour de la notion de mouvement, est inséparable de sa réflexion sur le temps. À partir de la définition de la musique comme « science du mouvement », il est conduit en effet à introduire le nombre, une notion capitale en musique, mais qui, dans sa pensée, est traitée à hauteur philosophique et éclaire la question de la production du temps. La perception de cette production du temps suppose une écoute qui engage quant à elle la mémoire, ici considérée selon les deux dimensions horizontale et verticale de son exercice. C’est au croisement de ces deux dimensions qu’Augustin trouve le fondement d’une expérience du temps ouvert à l’éternité. La musique représente pour lui la voie privilégiée d’une telle expérience, c’est pourquoi ses réflexions sur la musique et sur le temps, s’enrichissent et s’éclairent mutuellement.

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Mickaël RIBREAU, Augustin hérésiologue dans le Contra Iulianum, p. 189-213

Sur la base du Contra Iulianum, sont étudiés les critères utilisés par Augustin pour définir ce qu’est une hérésie, ce qu’est l’orthodoxie. L’évêque d’Hippone reprend plusieurs éléments de l’hérésiologie traditionnelle, mais il en ouvre cependant les perspectives en refusant certains principes, comme la diabolisation de l’adversaire, préférant d’autres aspects tels que l’incohérence ou l’orgueil de l’hérétique. Augustin développe deux arguments peu utilisés par les Pères précédents, l’argument patristique et l’argument liturgique, qui sont liés, car ils relèvent tous deux de l’inspiration divine. Le concept de grâce vient éclairer sa conception de l’hérésie et de l’attitude à avoir envers l’hérétique. En effet, la grâce, accordée gratuitement par Dieu, peut permettre à un hérétique de se convertir. Si l’hérésie reste condamnable, l’homme qui la porte peut être guéri et revenir dans le sein de l’Église qu’il a quittée.

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Benjamin GOLDLUST, Rhétorique de l’éloge dans le livre 1 de la Correspondance de Symmaque : à propos de Symm., Epist., 1, 3, 2 et de Aus., ap. Symm., Epist., 1, 32, 3, p. 215-224

Après des considérations introductives sur la rhétorique de l’éloge et sur ses conséquences sociales dans le livre 1 de la Correspondance de Symmaque, on étudie les formes de l’éloge littéraire totalisant qui célèbre dans le style d’un seul auteur la synthèse des talents de tous. Au-delà de l’ancrage topique de cet éloge, on propose de voir dans une lettre de Symmaque (Epist., 1, 3, 2), et surtout dans une lettre d’Ausone transmise par la Correspondance de Symmaque (Epist., 1, 32, 3), des sources possibles de la théorie macrobienne du style englobant et du pulcherrimum temperamentum (Sat., 5, 1, 13), que pourraient avoir préparée la Moselle et, plus directement, la collecta perfectio qu’Ausone se plaît à distinguer dans le style de Symmaque.

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Michele CUTINO, Structure de la composition et exégèse dans la Paraphrase de l’Évangile de s. Jean de Nonnos de Panopolis, p. 225-246

Dans cette étude, en prenant en considération le chant III de la Paraphrase de l’Évangile de s. Jean attribuée à Nonnos de Panopolis, chant qui jusqu’ici n’a pas été l’objet d’analyses spécifiques, on essaie de vérifier attentivement quelles sont les caractéristiques de la méthode exégétique et théologique que le poète suit dans sa paraphrase. La lecture entière du chant montre comment l’orthodoxie (ὀρθὴ πίστις) pour Nonnos consiste à voir avec des yeux spirituels le mystère de l’incarnation du Λόγος, et comment cette clé de lecture théologique et exégétique permet à l’auteur de réécrire de façon unitaire le chapitre III de l’Évangile de s. Jean, en en interprétant l’esprit de façon originale.

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Valérie FAUVINET-RANSON, Une réponse de Cassiodore à la Consolation de Philosophie ? (Variae I, 5), p. 247-264

Le cinquième texte des Variae de Cassiodore surprend par sa brièveté et par son apparence anodine, au milieu de textes plus importants par leur longueur, leur destinataire et leur contenu. Une analyse plus fine des images employées (image du port refuge contre les tempêtes de la vie, image du médecin qui soigne les patients malgré eux) révèle la richesse des échos littéraires qu’il contient ; et elle amène à émettre l’hypothèse que c’est de philosophie qu’il s’agit et que Cassiodore répond, d’une manière indirecte et voilée, à la Consolation de Philosophie de Boèce. L’article se termine par quelques considérations méthodologiques sur l’étude des Variae et sur la réception ultérieure de ce texte.

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Adrien CANDIARD, Un commentaire des Actes attribué à Raban Maur, p. 265-278

Si l’historiographie ne mentionne en général aucun commentaire des Actes des apôtres de la main de Raban Maur, deux manuscrits du XIIe siècle attribuent à l’abbé de Fulda un ouvrage qui, en particulier à travers la Glose ordinaire dont il est une source majeure, irriguera abondamment toute l’exégèse médiévale du second livre de Luc. Si le commentaire semble bien contemporain de Raban, l’examen des sources utilisées, du texte biblique et du style ne semble guère rendre crédible cette attribution, pourtant seule attestée par les manuscrits. L’utilisation d’un texte biblique d’origine irlandaise et la connaissance précise du grammairien Donat mettent sur la piste de Sedulius Scottus, exégète carolingien irlandais installé sur le continent ; si de nombreux indices appuient cette hypothèse, aucune indication manuscrite ne vient la démontrer avec certitude.

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Dernière mise à jour le : lundi 5 juin 2017