Institut d’Études Augustiniennes

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Volume 52 (2006)


52/1

Paul-Augustin DEPROOST In memoriam R. P. Maurice Testard (1922-2006) I-III
Étienne DECREPT La persécution oubliée des chrétiens d’Antioche sous Trajan et le martyre d’Ignace d’Antioche 1-29
M. Benedetta ZORZI Metodio d’Olimpo, un autore minore ? 31-56
Sébastien MORLET L’introduction de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée (I, II-IV) : étude génétique, littéraire et rhétorique 57-95
Yvette DUVAL Sur la genèse des libelli miraculorum 97-112
Martine DULAEY Recherches sur les LXXXIII Diverses Questions d’Augustin (1). Questions 44 et 58-60 113-142
Anne-Isabelle BOUTON-TOUBOULIC Dire l’ordre caché. Les discours sur l’ordre chez saint Augustin 143-166
Jacques ELFASSI Les Synonyma d’Isidore de Séville : un manuel de grammaire ou de morale ? La réception médiévale de l’œuvre 167-198
Comptes rendus bibliographiques 199-242

52/2

Jean-Marie SALAMITO André Mandouze (1916-2006) I-IV
Serge LANCEL (†) Actes de Gallonius. Texte critique, traduction et notes (ed. Paul MATTEI) 243-259
Mantė LENKAITYTĖ Patres nostri. Présence des Pères dans les règles monastiques anciennes d’Occident 261-285
Martine DULAEY Les paralytiques des Évangiles dans l’interprétation patristique. Du texte à l’image 287-328
Wendy MAYER Les Homélies de Jean Chrysostome. Problèmes concernant la provenance, l’ordre et la datation 329-353
Giuseppe GUTTILLA Il De errore profanarum religionum di Firmico Materno nel Carm. 19 di Paolino di Nola 355-377
Michel FÉDOU L’herméneutique augustinienne de la Bible et ses enjeux contemporains 379-389
James MCCUNE Four Pseudo-Augustinian Sermons De concupiscentia fugienda from the Carolingian Sermonary of Würzburg 391-431
Chronica Tertullianea et Cyprianea 2005 433-461
Bulletin augustinien 2005/2006 et compléments d’années antérieures 463-526
Auteurs des travaux recensés 527-533
Table générale 535-536

Résumés :

Étienne DECREPT, La persécution oubliée des chrétiens d’Antioche sous Trajan et le martyre d’Ignace d’Antioche, p. 1-29

Le livre XI de la Chronique de Malalas et les Actes de Drosis attestent qu’à la suite du séisme d’Antioche, le 13 décembre 115 ap. J.-C., une persécution brève et violente, dont Ignace et Drosis furent victimes, s’abattit sur l’Église locale dans les derniers jours de juillet 116, à l’occasion des fêtes d’Apollon.

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M. Benedetta ZORZI, Metodio d’Olimpo, un autore minore ?, p. 31-56

Cet article tente d’approcher de manière approfondie la personnalité et la théologie de Méthode. Il se propose de montrer, sur des bases historiques et littéraires, que Méthode ne peut être classé parmi les auteurs mineurs du IIIe s. Reprenant les recherches récentes de K. Bracht, l’auteur expose de manière concise toutes les problématiques qui s’attachent aux données historiques concernant Méthode (chronologie, environnement géographique, siège de l’épiscopat, martyre), ainsi qu’à l’héritage et aux influences théologiques qui placent Méthode au centre de la théologie du IIIe s. Vient ensuite un panorama des recherches récentes sur l’auteur ; est critiqué le critère avec lequel on juge la prétendue « théologie asiatique », en particulier quand il est appliqué à Méthode. Enfin l’auteur de l’article prend parti en faveur de la pertinence de la pensée de Méthode dans le développement de certains thèmes ascétiques et mystiques de l’histoire de la théologie, dans l’évolution de laquelle les « grands théologiens » ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

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Sébastien MORLET, L’introduction de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée (I, II-IV) : étude génétique, littéraire et rhétorique, p. 57-95

Les chapitres introductifs de l’Histoire ecclésiastique (I, II-IV) forment, entre le prologue et le récit proprement dit, une apologie du christianisme qu’Eusèbe nomme προκατασκευή (préparation). Cet ensemble s’inscrit dans la tradition historiographique des réflexions préliminaires, mais présente aussi des traits spécifiques : il constitue la première partie d’une réflexion globale sur le Christ envisageant successivement sa divinité (I, II-IV) et son humanité (I, V-XIII) ; il fournit des réponses à plusieurs accusations lancées contre le Christ et les chrétiens. Eusèbe semble y avoir résumé les développements parallèles de la Démonstration évangélique. Par conséquent, ces chapitres furent peut-être insérés dans une édition ultérieure de l’œuvre. L’article analyse en détail le contexte polémique de cette apologie préliminaire, l’argumentation d’Eusèbe et ses sources, en particulier Origène. Cette analyse révèle l’originalité de cette section de l’Histoire ecclésiastique, qui est à la fois une apologie autonome et une fondation théologique au récit historique.

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Yvette DUVAL, Sur la genèse des libelli miraculorum, p. 97-112

Les libelli miraculorum qui représentent un genre littéraire spécifique, sont le récit à la fois authentique et authentifiant du miracle qui y est attesté par des témoins oculaires ou par le bénéficiaire dont le rapport oral constitue le noyau du libellus (cf. l’enarratio de Paulus, Aug., Ciu., XXII, VIII, 22). En effet, parallèlement à la recitatio du récit écrit – destiné à étendre à l’avenir la mémoire du prodige –, les miraculés sont appelés à montrer et raconter à leur communauté le bienfait qu’ils viennent de recevoir. Les premiers libelli connus en Afrique sont liés à Étienne ; cependant l’habitude de les rédiger ne s’impose que quand ses miracles deviennent éclatants, et après la diffusion de la synodale de Sévère de Minorque. Ces récits se répandent dans la sphère d’influence d’Augustin qui en est l’instigateur, avec Evodius d’Uzalis (Hippone et les Églises des environs, Calama, Carthage et sa région, Uzalis), et leur fiabilité est garantie par l’autorité ecclésiastique qui en assure la rédaction (Sévère, Augustin), ou au moins la supervise, comme Evodius.

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Martine DULAEY, Recherches sur les LXXXIII Diverses Questions d’Augustin (1). Questions 44 et 58-60, p. 113-142

Les Questions 44 (sur le fait que l’Incarnation vient tardivement dans l’histoire) et 58-60 (sur Jean Baptiste et la parabole des dix vierges), rédigées par Augustin entre 393 et 395, permettent de se faire une idée des lectures qui l’ont aidé à élaborer sa propre interprétation des Évangiles, toujours personnelle. Il s’agit principalement du commentaire Sur Matthieu d’Hilaire, du traité Sur Luc d’Ambroise et des Questions sur les Écritures de l’Ambrosiaster. Augustin a lu un apocryphe, qui doit être l’Epistula apostolorum. Il exploite sans doute aussi le commentaire perdu de Victorin de Poetovio Sur Matthieu et une source inconnue qu’utilise aussi Maxime de Turin.

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Anne-Isabelle BOUTON-TOUBOULIC, Dire l’ordre caché. Les discours sur l’ordre chez saint Augustin, p. 143-166

Comment dire un ordre du monde essentiellement caché ? Cet article vise à montrer qu’Augustin affronte ce paradoxe en déployant quatre types de discours, que nous avons successivement analysés : analogique, apophatique, métaphorique et mimétique. Ces discours, qui peuvent être combinés les uns aux autres, expriment avec une intensité variable la dimension cachée de l’ordre. Ainsi, l’usage rhétorique des images est réinvesti selon l’idée d’un monde-discours, produit du Verbe divin, qui se laisse décrypter à l’instar du texte biblique. En outre, chaque discours reflète également une représentation de Dieu.

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Jacques ELFASSI, Les Synonyma d’Isidore de Séville : un manuel de grammaire ou de morale ? La réception médiévale de l’œuvre, p. 167-198

Les Synonyma d’Isidore de Séville, œuvre écrite dans un style synonymique mais de contenu moral, pouvaient être utilisés à la fois comme livre de grammaire et comme livre de morale. C’est cependant cette seconde lecture qui a clairement dominé au Moyen Âge, comme le prouve l’étude du paratexte et du contexte manuscrit, des inventaires médiévaux, des centons ou de la postérité littéraire.

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Serge LANCEL (†), Actes de Gallonius. Texte critique, traduction et notes (ed. Paul MATTEI), p. 243-259

Gallonius et ses compagnons furent martyrs en Afrique sous Dioclétien, en 303 (respectivement les 11 juin et 31 mai), Anullinus étant proconsul. Leurs Actes ont été retrouvés par Paolo Chiesa, qui les a publiés en 1996 : malgré quelques points obscurs, ils offrent toutes garanties d’authenticité. Serge Lancel avait entrepris une nouvelle édition, avec apparat critique et traduction française ; il avait joint quelques notes explicatives, d’ordre philologique et historique. Le travail a été retrouvé dans ses papiers après sa mort : au prix de quelques corrections et additions, il méritait d’être publié. Ce que l’on propose ici.

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Mantė LENKAITYTĖ, Patres nostri. Présence des Pères dans les règles monastiques anciennes d’Occident, p. 261-285

Cette étude vise à analyser les phrases évoquant les noms de personnalités orientales dans les règles latines anciennes (Ve-VIIe siècles) et dans deux textes qui les ont beaucoup influencées, les Pachomiana latina et les quatre premiers livres des Institutions de Jean Cassien. L’analyse montre que, pour les anciens, la valeur essentielle n’était pas l’Orient en tant que tel, mais l’ancienne tradition qui lui était propre. Ainsi, les pères occidentaux faisant partie de cette même tradition sont également invoqués à côté de ceux de l’Orient. Du point de vue chronologique, on se réfère aux Pères dans les règles de toutes les générations. Pourtant, sur le plan de la notion et de l’usage des références, on peut repérer à travers les âges une certaine évolution.

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Martine DULAEY, Les paralytiques des Évangiles dans l’interprétation patristique. Du texte à l’image, p. 287-328

Les guérisons de paralytiques occupent une place importante dans la littérature et l’art paléochrétiens. Dans celle de l’infirme de Capharnaüm que relatent les Évangiles synoptiques, on a vu une figure du pardon des péchés et de la résurrection ; dans celle du paralytique de Bethesda racontée par Jean, une image du baptême, à laquelle Augustin préfère substituer une figure plus large du salut. Dans l’iconographie, il semble que l’on ait plus ou moins confondu les deux guérisons : elles évoquent la foi du baptisé dans la rémission des péchés et la résurrection.

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Wendy MAYER, Les Homélies de Jean Chrysostome. Problèmes concernant la provenance, l’ordre et la datation, p. 329-353

Malgré les certitudes qui ont existé depuis les années 1920 concernant la datation des homélies de Jean Chrysostome, une recherche méthodique montre maintenant qu’un nombre inquiétant de présupposés quant à la provenance, à l’ordre et à la date des prédications de Jean Chrysostome sont incorrects, ou présentent de graves défauts. Trois études de cas qui correspondent à chacun de ces trois domaines sont utilisées pour illustrer certains des problèmes qui existent. En conclusion, l’article propose une manière de procéder pour corriger ces problèmes.

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Giuseppe GUTTILLA, Il De errore profanarum religionum di Firmico Materno nel Carm. 19 di Paolino di Nola, p. 355-377

Qui lit le carm. 19, 95-195 de Paulin de Nole reste à coup sûr frappé d’un fait nouveau, qui regarde non seulement son contenu doctrinal et son argumentation, mais sa forme, qui parfois apparaît trop polémique ou réaliste. Bien que personne jusqu’à présent n’ait attribué cette ratio poetandi de Paulin à un auteur resté, pour quelque raison que ce soit, inconnu de nous, il existe en réalité, et il est possible de l’identifier. Il s’agit de Firmicus Maternus, dont l’œuvre, De errore profanarum religionum, fut écrite vers 346. Après 350, cet opuscule ne fut plus cité par aucun auteur chrétien, et les Pères qui combattirent le paganisme entre la fin du IVe s. et le début du Ve ne s’intéressèrent pas à lui. Au contraire, Paulin connaît assez bien le De errore, qu’il utilise d’abord dans son epist. 31, 3, et ensuite, de manière plus ample, dans le carm. 19.

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Michel FÉDOU, L’herméneutique augustinienne de la Bible et ses enjeux contemporains, p. 379-389

Le récent ouvrage d’Isabelle Bochet n’explique pas seulement l’exégèse augustinienne de l’Écriture ; il invite aussi, par cette voie même, à approfondir quelques aspects majeurs d’une réflexion contemporaine sur la Bible. Quatre questions sont ici considérées : le statut de l’Écriture sainte ; le rapport entre les deux Testaments ; la relation entre la lecture de l’Écriture et la compréhension de soi ; la relation entre l’exégèse de l’Écriture et l’interprétation du christianisme comme vraie philosophie.

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James MCCUNE, Four Pseudo-Augustinian Sermons De concupiscentia fugienda from the Carolingian Sermonary of Würzburg, p. 391-431

Cet article présente une édition de quatre sermons pseudo-augustiniens du sermonnaire carolingien de Würzburg, une collection de 145 sermons datant du premier quart du IXe siècle. Les quatre pièces traitent de la concupiscence dans le contexte de l’aumône. Fondé sur une analyse de la latinité des sermons, cet article soutient que tous proviennent du même auteur anonyme de l’Antiqué tardive, quoique avec des modifications carolingiennes. Une comparaison avec les écrits d’Augustin sur la concupiscence aussi bien que ses sermons sur l’aumône montre à quel point le cadre théorique des sermons était influencé par la doctrine augustinienne. Enfin, cet article suggère d’attribuer, à cause de caractéristiques communes, d’autres sermons de ce sermonnaire au même auteur.

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Dernière mise à jour le : vendredi 24 mars 2017